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Faut Il Douter De Tout Dissertation Format

INTRODUCTION

Douter, c’est remettre en cause, hésiter. Douter vient d’ailleurs du latin dubitare qui signifie balancer entre deux choses. Douter, c’est donc rester dans l’expectative. Dans la question « peut-on douter de tout? », on peut remarquer qu’exceptionnellement l’expression « peut-on » peut se prendre selon deux acceptions soit : « est-il possible? », soit « est-il permis? ».

C’est pourquoi dans un premier temps, nous tâcherons de savoir s’il est possible de douter de tout, ou y a t-il quelque chose qui puisse résister au doute ? Et, dans un deuxième temps, nous examinerons s’il est permis de douter de tout. Autrement dit, il s’agira de voir s’il est dommageable, dangereux de douter de tout. Celui qui doute de tout étant un sceptique, il s’agira donc de se demander si le scepticisme est une position moralement acceptable.

PREMIÈRE PARTIE : EST-IL POSSIBLE DE DOUTER DE TOUT, OU ENCORE, Y A T-IL QUELQUE CHOSE QUI PUISSE RÉSISTER AU DOUTE ?

Pour voir si l’on peut trouver quelque chose qui résiste au doute, nous allons faire la reprise de la démarche de Descartes dans les Méditations Métaphysiques (1641). Dans la première méditation, en effet, le philosophe intitule ainsi sa première méditation : « Des choses que l’on peut révoquer en doute ». Le doute cartésien est à distinguer du doute sceptique. Dans le doute cartésien, il s’agit de trouver une vérité première, tandis que dans le doute sceptique, il s’agit de douter pour douter. Il y a donc une certaine stérilité dans le doute sceptique qui n’est pas l’apanage du doute cartésien.

Descartes veut savoir s’il y a quelque chose qui résiste à l’épreuve du doute pour fonder une vérité première sur laquelle s’appuiera sa philosophie. Si Descartes, dans la Première Méditation passe en revue de manière méthodique toutes les choses dont on peut douter par la seule force de l’esprit, c’est qu’il a été déçu par ses études. À l’issue de ses études, rien ne semble assuré au philosophe, alors qu’il désire et cherche à bien conduire sa raison. En fait, Descartes, en sa jeunesse et à la fin de ses études a connu un doute spontané et profond, une véritable déception. Le doute méthodique dans les MéditationsMétaphysiques n’est donc que la reprise volontaire, réfléchie et calculée d’un état d’abord vécu par Descartes comme un véritable vertige existentiel. Descartes, après ses études est allé voir « dans le grand livre du monde » (il a fait des voyages, fréquenté toutes sortes de gens, s’est engagé dans l’armée). Or, ces voyages et ces rencontres, par leur diversité n’ont fait que renforcer son doute. Aussi Descartes en tire la règle de vie suivante : « J’apprenais à ne rien croire trop fermement de ce qui m’avait été persuadé par l’exemple et par la coutume ». Descartes éprouve à ce moment de sa vie une grande lassitude et tout lui semble relatif.

Mais comme Descartes veut conduire sa vie à partir d’une base ferme  » Je pris un jour résolution d’étudier en moi-même ». Dans ce retournement sur lui-même, le philosophe va faire que tout ce qu’il voit autour de lui soit objet de doute. Pour ce faire, Descartes explique que son doute va être « méthodique, hyperbolique et radical ». Si le doute est méthodique, c’est que le philosophe va systématiquement frapper du doute tout ce qui entoure l’homme par étapes. Le doute de Descartes est de plus hyperbolique, car Descartes va douter de tout ce qui n’est pas certain d’une certitude absolue. Le doute de Descartes est enfin radical, car Descartes va traiter comme absolument faux ce qui n’est que simplement douteux, et comme toujours trompeurs ce qui a pu le tromper quelquefois.

Au début des Méditations Métaphysiques, Descartes se rappelle son enfance : « Dès mes premières années, j’avais reçu quantité de fausses opinions pour véritables ». L’enfance, en effet, est une période où l’on est passif devant l’enseignement d’autrui. On n’a pas encore la maturité nécessaire pour formuler un véritable jugement critique. Et si nous devons un jour tout remettre en cause (c’est « parce que nous avons été enfants avant que d’être hommes ») remarque Descartes dans le Discours de la Méthode. Pour Descartes, il faut trouver un principe indubitable, une vérité première pour connaître véritablement le monde. Descartes fut un grand savant, inventeur de la dioptrique et du calcul des fonctions; mais pour lui les sciences doivent reposer sur des principes métaphysiques certains  qui les fondent.
En effet, pour Descartes, si on ne trouve rien d’indubitable alors les sciences ne sont peut-être que des fables de l’esprit.

Première étape du doute de Descartes : le doute portant sur les perceptions et sur les sensations

Descartes constate que spontanément l’homme croit en ses perceptions : « Tout ce que j’ai reçu jusqu’à présent pour le plus vrai et assuré, je l’ai appris des sens ». L’homme a naturellement tendance à accorder créance à ses perceptions. Descartes fait donc l’effort philosophique d’aller à l’encontre de cette tendance naturelle. Pour révoquer en doute les perceptions, Descartes se sert de l’argument des sens trompeurs. Il donne notamment l’exemple d’illusions, de loin une tour carrée apparaît ronde.

Descartes ne s’amuse pas à prouver que toutes les perceptions sont fausses, il suffit pour douter des perceptions de faire voir que parfois, elles sont trompeuses. On voit par là encore la radicalité du doute de Descartes. Mais Descartes va rajouter un autre argument pour pouvoir rejeter de manière plus complète les perceptions. Après l’argument des sens trompeurs, il va invoquer l’argument du rêve. Voilà quel est-il : Descartes va faire remarquer que parfois rêve et réalité se confondent. Et parfois au réveil, on est déboussolé car on croyait réellement vivre la situation rêvée alors que l’on était endormi.

Ainsi parce que parfois on éprouve des difficultés pour différencier le rêve de l’état de veille; alors Descartes va rejeter, douter des perceptions d’une manière encore plus radicale.

Puis deuxième étape : doute portant sur les sciences qui reposent sur les perceptions. Descartes se dit maintenant qu’il peut douter des sciences comme la physique, l’astronomie, la médecine car ces domaines aussi rationnels soient-ils reposent sur les perceptions. Or, Descartes, a mis en doute les perceptions puisque parfois elles sont trompeuses.

À ce moment là, le doute de Descartes dans sa radicalité a entraîné la négation du monde extérieur et perçu (comme « ciel, air, terre, couleurs, figures, sons »). Mais l’entreprise du doute, par extension aboutit aussi à la négation de son propre corps, et Descartes nous dit que si cela se trouve ( il n’a « point de main, d’yeux, de chair »).
Mais il y a encore une catégorie d’objets qui semble échapper encore au doute de Descartes.

Troisième étape : Doute portant sur l’arithmétique et la géométrie.

Descartes se demande quel argument il peut avancer pour douter des vérités des mathématiques et de la géométrie, car l’argument du rêve n’est pas opérant sur ces sciences pures. En effet, que je rêve et ou que je sois à l’état de veille 2 + 2 font toujours 4, 2 + 3 font toujours 5. Les vérités mathématiques restent les mêmes que l’on rêve ou que l’on soit à l’état de veille. Alors Descartes va avancer son argument le plus fort dans l’entreprise du doute. Descartes va faire l’hypothèse du « malin génie » qui est la suivante : si cela se trouve, se dit Descartes, je n’ai pas été créé par un dieu juste et bon, mais par un malin génie tellement malin qu’il m’a fait accroire que 2 + 2  = 4, alors qu’en fait 2 + 2 = 5 !  C’est avec cet argument du malin génie que le doute cartésien atteint sa puissance maximale.

Dans le récit de l’entreprise du doute, dans les Méditations Métaphysiques, Descartes souligne à de nombreuses reprises la difficulté du doute « méthodique, hyperbolique, radical ». Le doute cartésien est une opération contre-nature, qui va à l’encontre du mouvement spontané de la vie qui veut qu’instinctivement nous croyons en la vraisemblance de nos sensations et de nos perceptions.

Mais au début de la seconde méditation, Descartes se demande si la seule vérité qu’il va trouver ne va pas être qu’il n’y a rien au monde de certain ! Descartes a peur que la vérité première soit négative, car alors si tel est le cas, on ne peut rien édifier comme raisonnement solide à partir de « Rien n’est certain »

Quatrième étape : Découverte du cogito

Cependant Descartes va trouver une vérité première qui résiste à l’entreprise du doute. Par un mouvement réflexif, Descartes va faire un retour sur soi-même et ne plus douter seulement de son propre corps, mais aussi de son propre esprit. La négation du corps, en effet, est-elle la négation du moi ? de son propre esprit ?  se demande Descartes. Le philosophe découvre alors que la négation du corps n’entraîne pas la négation de l’esprit. En effet, même si un malin génie m’a mis des choses fausses à l’esprit, même si ce que je pense est faux, n’empêche que je pense quand même ! constate Descartes. Donc ce qui est certain, la vérité première est le cogito ergo sum : « je pense donc je suis ! »

La conscience de son propre esprit est indubitable , car même soumis à l’épreuve de la fiction du malin génie, le cogito paraît soustrait au doute. Le cogito est la vérité première sur laquelle va se fonder la philosophie de Descartes. L’esprit est plus certain que le corps car je ne peux nier le premier. « Je n’existe pas » est une proposition contradictoire; car pour dire cela, il faut exister !  Tout peut donc se nier et être mis en doute, sauf sa propre conscience.

Par le doute cartésien, on est encore renforcé dans l’idée que l’homme tire sa dignité du fait qu’il soit conscient.

Maintenant que nous avons vu que la conscience est indubitable, nous savons qu’il n’est pas possible de douter de tout, mais par ailleurs, cela est-il permis ?

DEUXIÈME PARTIE : EST-IL PERMIS DE DOUTER DE TOUT ?

Avant Descartes, en effet, il y a eu des philosophes qui se sont mis à douter pour douter. le chef de file  de ce mouvement philosophique fût Pyrrhon d’Élis (- 365 – 275 avant J-C). Son successeur le plus célèbre fut Sextus Empiricus dans son ouvrage EsquissesPyrrhoniennes ( écrit environ en – 190 avant J-C). Pyrrhon était tellement sceptique, que cela ressort dans notre langue française puisque le verbe pyrrhoniser signifie « avoir tendance à douter de tout ». Pyrrhon niait qu’une chose fût bonne ou mauvaise, vraie ou fausse en soi, et par conséquent l’attitude juste du sceptique dans la vie était l’indifférence selon lui. Ainsi, un jour alors que son ami Anaxarque était tombé dans une mare boueuse, Pyrrhon passa à côté de lui sans lui porter secours. Des gens le lui reprochèrent, mais Anaxarque loua Pyrrhon d’être réellement indifférent et sans passion comme un vrai sceptique !

Pyrrhon dans son scepticisme disait qu’il fallait renoncer à énoncer des affirmations catégoriques et renoncer à toute opinion. Pour vivre le sceptique doit se fier aux choses apparentes, sans affirmer qu’elles correspondent à une quelconque vérité en soi.
Pour les sceptiques, en effet, on ne peut rien connaître avec certitude puisque comme le remarqua Agrippa ( autre philosophe sceptique qui vécut de ) :

 1) Sur un seul et même sujet, on peut toujours soutenir deux opérations contradictoires. par exemple, l’un trouve un tableau beau, et l’autre le trouve laid. Les opinions s’opposent et sont en désaccord. Par conséquent, aucune opinion n’est certaine.

 2) Tout argument réclame une preuve, qui elle-même, doit être prouvée à son tour, et ainsi de suite, de sorte qu’on ne peut jamais arriver au bout, c’est la régression à l’infini.

 3) Les objets sont tous relatifs entre eux, et toute représentation est relative à un sujet qui l’énonce ou la pense. Par exemple, la gauche est relative à la droite, et vis et versa , le père est relatif au fils … et de ce fait aucune universalité n’est possible .

 4) Pour échapper à la régression à l’infini, il faut partir d’un postulat indémontrable, et alors tout repose sur quelque chose de non prouvé .

 5 ) Soit pour échapper à la régression à l’infini, on tombe dans le cercle vicieux où A est prouvé par B, et B est prouvé par A (c’est le fameux argument du diallèle).

Avec les sceptiques, il y a un refus de toute ontologie, il faut donc arriver à une sorte d’indifférence heureuse. Pour Pyrrhon, le sage doit aboutir à une certaine impassibilité. Il faut idéalement arriver à l‘apathie (ne rien ressentir), à l’aphasie (ne rien dire), à l‘ataraxie (n’être troublé par rien). L’adiaphorie est cette indifférence complète à laquelle doit arriver le sage, mais celle-ci ne saurait être complète sans l’acatalepsie (sorte d’absence de souffrance due à une compréhension incomplète du monde).

Le sage doit de plus cultiver l‘équanimité, une sorte d’égalité d’humeur opposée à un comportement lunatique. Le sage essaie de suspendre son jugement le plus possible dans la vie de tous les jours, car les opinions de sens commun l’indiffèrent.

Ainsi Pyrrhon, par exemple, était prêtre (il vécut 90 ans !) alors qu’il doutait de l’existence des dieux ! Pour Sextus Empiricus, son plus célèbre successeur, pour agir, on n’a pas besoin de se référer à un système métaphysique, les impressions suffisent pour mener sa vie de tous les jours. On le voit le doute sceptique pose problème car toutes les valeurs semblent voler en éclats. Le scepticisme pyrrhonien; dans toute sa logique aboutit à une vie sans passion et à une dépréciation de l’être humain (parce qu’il n’y a plus de valeurs absolues auxquelles se référer pour agir).

Il apparaît donc qu’il n’est pas vraiment permis de douter de tout. D’ailleurs Descartes le dit  lui-même dans le Discours de la Méthode, pendant qu’il opère son entreprise du doute,  se donne une morale provisoire. Cette morale provisoire de Descartes compte trois maximes :

 1) La première, c’est obéir aux lois et coutumes de son pays. Mais aussi suivre les opinions les plus modérées et les plus éloignées de l’excès. Le conformisme de Descartes se justifie car pendant l’entreprise du doute, il faut continuer de vivre avec le moins de risque possible. Le choix de la modération chez Descartes n’est donc pas le choix de l’indifférence comme chez Pyrrhon qui n’aida pas son ami Anaxarque.
Descartes remarque les opinions modérées sont « les plus commodes pour la pratique » et « vraisemblablement les meilleures, tout excès ayant coutume d’être mauvais « . Et si on s’est trompé, on est moins détourné du vrai chemin que ne risque de le faire une opinion extrême.

 2) La deuxième maxime de la morale provisoire de Descartes, est d « être le plus ferme et le plus résolu en mes actions que je pourrais et de ne suivre pas moins constamment les opinions les plus douteuses, lorsque je m’y serais une fois déterminé, que si elles eussent été très assurées ». Pourquoi Descartes est-il aussi résolu dans sa morale provisoire ? Parce que les actions ne souffrent aucun délai. Dans la vie, on n’a pas toujours le temps pour douter, alors il s’agit de choisir et de se décider, et de ne pas changer d’avis comme une girouette sensible à n’importe quelle influence du vent.

L’irrationalité des choses humaines nous oblige à nous contenter d’opinions simplement probables, mais la fermeté dans l’action est absolument nécessaire. Pour appuyer son propos, Descartes emploie l’image d’un voyageur égaré dans la forêt. Faute de connaître le meilleur chemin pour sortir de la forêt, le voyageur doit en choisir un et s’y tenir. Au hasard s’il le faut et s’y tenir. Il est possible remarque Descartes que le voyageur n’ait pas fait le bon choix, qu’il ait pris le chemin le plus long. Mais ce choix deviendra bon s’il s’y tient. En effet, en marchant toujours dans la même direction, il finira bien « par arriver quelque part, où vraisemblablement, il sera mieux que dans la forêt ». Si au contraire, notre voyageur change souvent de direction pour « de faibles raisons« , il ne sortira jamais de la forêt !

Autrement dit, ce que nous dit Descartes c’est que lorsque tout est douteux, que les connaissances de l’entendement sont insuffisantes, l’homme peut s’en sortir par la détermination de la volonté. La fidélité au choix est donc une attitude rationnelle. La résolution est l’attitude sensée et réaliste de celui qui n’a pas l’intelligence parfaite d’une situation donnée.

La deuxième maxime de Descartes vise donc à nous délivrer des hésitations dont souffre celui qui doute.

 3) Quant à la troisième maxime de la morale provisoire de Descartes, elle vise à nous délivrer des vains désirs : « Ma troisième maxime était de tâcher toujours plutôt à me vaincre que la fortune, et à changer mes désirs plutôt que l’ordre du monde ». Par cette morale provisoire, Descartes montre que son doute n’est qu’une opération intellectuelle. Pendant le doute cartésien, il faut continuer à vivre et à agir. En définitive, Pyrrhon aboutit à des aberrations, il n’est donc pas permis de douter de tout.

CONCLUSION

Après réflexion, on peut donc déduire que : 1) Il n’est pas possible de douter de tout. la conscience est le seul fait indubitable (comme l’a montré Descartes). Le paradoxe est donc que ma puissance de douter n’est pas douteuse.
Certains ont objecté à Descartes, « je me promène donc je suis », « je marche donc je suis ». Mais Descartes répond que ni la promenade, ni la marche n’échappent au doute. Ainsi la bonne formule est « je pense que je marche donc je suis ». C’est toujours de la pensée et non de son objet que l’on peut inférer ou conclure l’ existence.

 2) Il n’est pas permis de douter de tout dans la mesure d’ailleurs où cela n’est pas possible ! En effet, si cela n’est pas possible, cela est encore moins permis ! Logique !

Cependant si un doute total paraît néfaste dans la vie quotidienne, le doute peut avoir quand même quelque chose de bénéfique. Ainsi comme le remarque Alain : « Le fou ne doute jamais, ni dans son action, ni dans sa pensée ». Les fanatiques sont d’ailleurs des gens qui ne doutent pas suffisamment, sinon ils auraient une conduite plus modérée. Par conséquent , le doute (quand il n’est pas extrême) est la couronne du sage, il lui évite des emportements nuisibles et des comportements à risque.

Ne pas assez douter est donc dangereux dans la recherche de la vérité, mais trop douter est aussi nocif et désagréable dans d’autres cas. Par exemple, se mettre à douter de son amour pour quelqu’un , c’est commencer à perdre l’enchantement du monde.. Douter en amour, c’est être aspiré par le vide existentiel, c’est une perte de lumière quelque part. Ainsi Hugo a dit « Tout corps traîne son ombre, et tout esprit son doute ». Dans certains domaines, douter, ne pas avoir assez de foi est une pesanteur pour l’âme. Disons que le doute est pesant et désagréable dans toutes les expériences qui demandent un don de soi (comme l’amour, l’apprentissage des petits), mais dans la recherche de la connaissance, le doute est salvateur, dans la mesure où il galvanise l’intelligence.

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Sujet : Faut-il douter pour savoir ?

Douter, dans le langage courant, c’est ne pas être certains de ce que nous remettons en cause. Or, quand nous disons que nous savons quelque chose, c’est précisément que nous le tenons pour vrai, que nous en sommes sûrs. Doute et savoir semblent donc s’opposer. En cela, le fait de faire du doute un moyen possible du savoir, ce que présuppose le sujet, peutapparaître comme surprenant : faut-il douter pour savoir ? Être obligé, sur le plan théorique, de se poser en permanence des questions sur la validité de ce que nous savons semble en effet impossible, puisque la détermination d’un savoir passe précisément par l’élimination de tout doute. Pour autant, il nous arrive de croire que nous possédons une vérité alors que nous sommes dans l’ignorance. Encela, douter de la pertinence de nos idées permet de prendre conscience de ce que nous ne savons pas, et de ce qu’il nous faut en conséquence chercher à connaître. Le doute apparaît donc ici comme nécessaire au savoir, en ce que cet acte de l’esprit permet de déterminer ce que nous ne connaissons pas. Comment comprendre alors qu’il semble nécessaire de douter pour savoir, et que ce doute rende enmême temps impossible la détermination d’une connaissance ? C’est ce problème que nous nous proposons d’explorer, tout d’abord en nous demandant si l’on peut se passer du doute pour savoir. Puis, dans un deuxième temps, nous verrons si le doute rend impossible toute connaissance, avant, dans un troisième temps, de déterminer les critères d’utilisation de ce moyen qu’est le doute pour éviter qu’ilsoit nuisible à la constitution d’un savoir.

Début de première partie (rédigé, puis en plan) :
Tout d’abord, il nous faut nous interroger sur la pertinence du doute dans le but de savoir. En effet, lorsque nous avons des préjugés, nous n’en avons pas conscience, et c’est bien là ce qui fait la force de ces croyances, c’est-à-dire de ces idées irréfléchies. Le propre d’une attituded’opinion, c’est que nous prenons pour un savoir ce qui n’a en réalité jamais été prouvé, démontré ou argumenté de façon rationnelle. Nous confondons ainsi croire et savoir, et nous pensons être convaincus alors que nous ne sommes que persuadés de la véracité de nos idéeS. En conséquence, ce que nous pensions constituer un savoir n’en est pas forcément un. Il nous faut ainsi faire le tri entre nos idées,comme le propose Descartes, lorsqu’il explique, dans les Méditations Métaphysiques (I), qu’il s’appliquera « sérieusement et avec liberté à détruire généralement toutes [s]es anciennes opinions ». Le but est d’arriver à trouver une méthode qui nous délivre de ce que Russell appelle, dans un texte des Problèmes de la philosophie, la « tyrannie de la coutume », c’est-à-dire tout ce qui, dans notreesprit, nous empêche de penser par nous-mêmes. Dans notre vie courante, effectivement, ce que nous apprennent nos parents, nos professeurs, les médias, joue un grand rôle dans la manière que nous avons de concevoir le monde qui nous entoure. Par exemple, même les plus grands savants du XIIIème siècle, en Europe, pensaient que la Terre ne tournait pas. La démarche de Galilée, mettant en doute cetteidée, a permis de s’en libérer et de déterminer peu à peu d’autres manières de concevoir notre planète et de calculer ses mouvements comme tout mouvement de corps matériel. Douter semble ainsi permettre de sortir de nos croyances immédiates pour prendre le risque de penser autrement, et, ainsi, en remettant en cause des savoirs que l’on croyait fondés, de progresser dans la connaissance. Mais commentdoit s’exercer la réflexion, comme retour critique de l’esprit sur luimême, pour douter de nos idées et ainsi pouvoir trier entre celles qui sont fausses, celles qui sont vraies, et celles qui demeurent indécidables ?  Continuer en exposant ce qu’est le doute méthodique chez Descartes, et qu’on ne peut faire aucune exception : pour douter vraiment, il faut douter de toutes nos idées (y...